L'alcool cet ennemi du ronfleur

Alcool et ronflement

Tout le monde l’a constaté ! les fêtes et soirées les plus alcoolisées annoncent à coup sûr des nuits agitées et bercées de ronflements. Ce n'est pas une légende, l'alcool favorise largement les ronflements d’une part, mais ce que l’on ne sait pas toujours, il est également un grand perturbateur dans la qualité de notre sommeil. Le ronflement est le résultat d'une difficulté de la circulation de l'air lors de notre respiration nocturne, cela engendre des vibrations anormales du pharynx à l'inspiration. Celles-ci sont le résultat d’un rétrécissement des voies respiratoires supérieures (voile du palais, luette, amygdales, langue…). Nous savons aussi que ce résultat est souvent accentué par le surpoids. Le relâchement nocturne provoque la perte de tonicité musculaire au niveau du pharynx et donc entraîne ce rétrécissement des voies aériennes.

Et l’alcool me direz vous ?

Mais qu’est-ce que l'alcool à avoir dans tout çà ? Vous allez comprendre : les boissons alcoolisées même à faible dose sont des vasodilatateurs qui vont accélérer le relâchement des tissus musculaires. Cette vasodilatation (dilatation des vaisseaux sanguins) va provoquer le relâchement de tous les muscles lisses des parois de ces vaisseaux. Le constat est indiscutable il faut absolument éviter la consommation d'alcool avant d’aller se coucher, et à fortiori si l'on sait qu’on est un ronfleur habituel. Pour rajouter une couche, l'alcool est un grand perturbateur du sommeil. Si le soir vous consommez des cocktails vous allez cumuler alcool et sucre rapide ! deux excitants à proscrire et inadaptés au sommeil. Les boissons alcoolisés vont aussi perturber en quantité et en qualité l’hormone du sommeil : la mélatonine . Il est complètement faut et illusoire de penser que l’on pourrait facilement s'endormir après un dîner un peu trop bien arrosé . En effet si l'alcool peut accélérer parfois la phase d'ensommeillement ( particulièrement les personnes qui rencontrent des problèmes à s’endormir facilement ) il va tout simplement perturber les cycles de sommeil alternés profond et léger. Pour preuve, une étude a été mené et transcrite dans la revue « The Research Society on Alcoholism » par des chercheurs Australiens. Les participants étaient 24 (12 femmes) buveurs sociaux en bonne santé âgés de 18 à 21 ans. Ils ont été testés sous 2 conditions: alcool pré-endormissement et placebo, suivies d'une polysomnographie standard avec des enregistrements EEG complets. Les résultats sont sans appel ! Après absorption d’alcool, la concentration d'alcoolémie moyenne à l'eendormissement était de 0,084%. Les effets d'interaction ont indiqué des augmentations simultanées des ondes delta (NREM) frontal à mouvement oculaire rapide (p = 0,031) et de la puissance des ondes alpha (p = 0,005) dans les premiers cycles de sommeil après la consommation d'alcool qui était la plus importante sur la région du cuir chevelu frontal (p <0,001 ). Une diminution du pouvoir sigma (p = 0,001) a également été observée après la prise d’alcool Comme hypothèse, l'alcool a augmenté la puissance delta NREM liée au sommeil à ondes lentes. Cependant, il y avait une augmentation simultanée de la puissance alpha frontale. Les résultats suggèrent que l'alcool peut exercer une influence d'éveil qui peut rivaliser avec l'influence du sommeil sur l'augmentation de l'activité delta. Le phénomène est similaire ou identique au sommeil alpha-delta qui a été associé à la présence de stimuli perturbateurs pendant le sommeil.  .

L'impact de la consommation d'alcool peut avoir des conséquences négatives sur le sommeil et le fonctionnement diurne qui en résulte. La phrase "à consommer avec modération" devrait avoir un écho encore plus important pour les ronfleurs chroniques.

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